[ANECDOTE]
King of Suspense
Le producteur américain
Peter Gruber, ex-patron de Columbia Pictures dans les années 1990, a livré une anecdote au sujet de Michael Jackson.
Un jour Michael l’a appelé au téléphone car il souhaitait participer à des films et l’inviter chez lui. Plus tard, lors d’un diner, P. Gruber a interrogé Michael sur sa passion pour les films et il a cherché à en connaître davantage sur sa compréhension des procédés cinématographiques.
Quand il lui a demandé ce qu’il savait du style “dramatique”, Michael a donné une explication qui a surpris P. Gruber.
Voici un aperçu de ce dialogue :
MJ : “
Laissez-moi vous raconter une histoire. Nous savons que cela va arriver mais la question du drame est de savoir quand et comment ça se passe” .
MJ monte alors à l’étage avec son invité et en dehors de sa chambre, il y avait un grand vivarium avec un boa constrictor. Un serpent géant qu’il avait nommé “Muscles”.
Michael a alors poursuivi :
“C’est “Muscles” . A première vue, est-ce qu’il se passe quelque chose ?”
P. Gruber :
“Non”.
MJ: “
Ouais, déplacez-vous jusque dans le coin là-bas, il y a cette souris blanche [qui] tremble” . Mon dieu. Pourquoi tremble-t-elle ?“
Eh bien, parce que Muscles se nourrit d’animaux vivants. C’est la seule chose qu’il mange”.
P. Gruber :
“Oui. C’est quoi le drame ?”MJ : “
C’est exactement ça. Nous ne savons pas exactement quand, la souris non plus. Et nous ne savons pas exactement comment. Mais nous savons ce qu’il va se passer. Le drame consiste à regarder quand et comment les choses vont se dérouler. Ce sont les clés.”
P. Gruber estime que la démonstration de Michael était parfaite. Il ne s’était pas borné à envisager le drame comme une intrigue avec un début, un milieu et une fin. Il avait compris que le drame était le processus entre le début et la fin.
Peter Gruber considère que Michael Jackson venait de lui enseigner la clé du succès comme jamais quelqu’un ne l’avait fait. Bien sûr, P. Gruber connaissait son métier de producteur mais MJ venait de lui montrer les choses sous un jour nouveau.
Il juge l’histoire racontée par MJ comme “puissante” car plus on la raconte plus elle prend un sens profond qui inspire le travail du réalisateur.
Il ne s’agit pas de dire “Évidemment, je sais comment faire un film ou bien sûr je sais comment raconter une histoire (…)”. Ce qu’il faut retenir des propos de MJ, c’est que l’important n’est pas l’histoire elle-même mais les procédés à mettre en œuvre pour faire fonctionner l’histoire, le drame.
Sources : bigthink.com / MJLegend
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